My body is my garden ❀

Imagine you are walking in a vast garden.

You are alone and have this feeling, deeply inside of you, that you are the only one on Earth to know this garden, to see it and to understand it as perfectly as you do. This garden is your secret. This garden is your body.

More you walk on that path made of grass, more you discover it.

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You admire sunflowers and offer your face to the light they cherish. You smell roses, alyssums, gardenias, peonies, and all these scents make you feel peaceful — as if you already knew them all, as if they were entire parts of your life. In fact, they are, and you will rapidly notice that it is impossible for you to be dissociated from them.

But at some point, you need a spicy taste of adventure — the unknown is calling you. So you take another path, more earthy, darker, colder. You are a bit afraid but you reason yourself: « Isn’t it my own garden? Why would I fear my inner place? » So you keep going and more you move forward, more you discover new species of flowers. Some brambles scratch your legs and ivy forbids you to pursue your path but you want to go farther, you want to explore — you want to know. Know where the path leads. Know until where you can walk.

Know the limits of this garden of yours.

Know your own limits.

You start to learn. You give names to flowers, you make them grow. You sing with birds and dance in the middle of reeds.

You start to learn. What does that mean, exactly? You make your own experiences. You fall on rocks. You inhale water. You get stung by insects. You lose yourself in scary places you are not ready to have a look on yet.

You start to learn and you understand what cures you and what hurts you. You understand it so much that you even try to get rid of everything that makes you feel sick, upset and disoriented. It is not a bad idea, in fact. Why would you surround yourself with darkness? But sometimes, it is not as easy as it seems to be. Weed grows back and you can’t hide it anymore. You can’t do as if it didn’t exist.

Here is the only solution you have.

You look at the scarves they — insects, weeds, rocks — have made on your skin, and you have to accept to see them here, you have no other choice. You try to understand the pain they did to you… and you let them go. You try not to forget, but you do your best to forgive and accept their presence as old friends that taught you advice and prudence. Forgive yourself.

Walking throught your garden makes you happy. You make space for your new flowers next to your first ones. You make them live together and match their colors, as jazz flirts with love and nature. You take care of them. You are proud of your lovely garden, you enjoy the wind in your hair and the grass under your toes. You even like that little lapping.

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But your Carpe diem way of life keeps you hidden in your lovely but secret greenhouse. You feel that bitterness on your tongue, on your lips. You love the peace that it brings to your heart but you would like to share it with somebody. You can choose to let people visit it, can’t you..? Under your own rules, at any time you decide to. And if you are really scared of this new step, if people are forcing its entrance, or if they try to wreck your beloved flowers — protect it. No one has the right to impose their vision of a garden to you, without your approval and by hurting you.

But you have to be careful.

Don’t transform your garden into a fortress. Don’t close it to visitors. Don’t confine yourself as if nobody could understand you because of differences from both sides. Share your remedies, share your advice, accept to plant your most beautiful blossoms in your friends’ or acquaintances’ greenhouses. Let pollinisation do its work. Accept the help from your friends when they propose you to plant one of their most gorgeous flowers in your garden. Build a friendship on your similar plants but also on your lack of varieties or your research of special and rare species. Together, you will go farther.

Together, your earth will be richer.



That is how I see my body in my imaginary world. I have made it beautiful and perfectly sized, respecting my conceptions of beauty, peace and honesty towards myself. Along the years, I have learnt how to let people walk through my garden and plant their own blossoms. I totally cherish my flowers of love, acceptance, tolerance and understanding. They grow every single day thanks to my care and my family, friends and average people’s advice.

To transform my body in a garden needed me to be patient and compassionate. I had to accept beauty in me and beauty in others. It has been a way to reflect it in everyone, as the moon in a sleepy lake.

Marion


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Imagine que tu es en train de marcher dans un vaste jardin.

Tu es seul(e) et tu as ce sentiment, profondément encré au fond de toi, qu’il n’y a que toi sur cette Terre qui connais ce jardin, qui le vois et le comprends aussi parfaitement que toi. Ce jardin, c’est ton secret. Ce jardin, c’est ton corps.

Plus tu marches sur ce chemin recouvert d’herbe, plus tu le découvres.

Tu admires les tournesols et offres ton visage à la lumière qu’ils chérissent. Tu sens les roses, les alysses, les gardénias, les pivoines, et tous ces parfums te rendent paisible — comme si tu les connaissais déjà tous, comme s’ils étaient parties intégrantes de ta vie. En fait, ils le sont, et tu remarqueras rapidement qu’il est impossible pour toi de t’en défaire.

Mais au bout d’un moment, tu as besoin d’un goût épicé d’aventure — l’inconnu t’appelle. Donc tu prends un autre chemin, plus terreux, plus sombre, plus froid. Tu as un peu peur mais tu te raisonnes : « N’est-ce pas mon propre jardin ? Pourquoi aurais-je peur d’un lieu si intime ? » Alors tu continues et plus tu avances, plus tu découvres de nouvelles espèces de fleurs. Quelques ronces griffent tes jambes et le lierre t’empêche de poursuivre ton chemin mais tu veux aller plus loin, tu veux explorer — tu veux savoir. Savoir où mène ce chemin. Savoir jusqu’où tu peux marcher.

Connaître les limites de ton jardin.

Connaître tes propres limites.

Tu commences à apprendre. Tu donnes des noms à tes fleurs, tu les fais grandir. Tu chantes avec les oiseaux et danses au milieu des roseaux.

Tu commences à apprendre. Qu’est-ce que ça veut dire, exactement ? Tu fais tes propres expériences. Tu tombes sur les pierres. Tu bois la tasse. Tu te fais piquer par des insectes. Tu te perds dans des endroits effrayants dans lesquels tu n’es pas prêt(e) à t’aventurer.

Tu commences à apprendre et tu comprends ce qui te soigne et ce qui te blesse. Tu le comprends si bien que tu essaies même de te débarrasser de tout ce qui te rend malade, te contrarie ou te désoriente. Ce n’est pas une mauvaise idée, en fait. Pourquoi t’entourerais-tu de noirceur ? Mais parfois, ce n’est pas si simple que cela. La mauvaise herbe repousse et tu ne peux plus la cacher désormais. Tu ne peux pas faire comme si elle n’existe pas.

Voici la seule solution que tu as.

Tu regardes les cicatrices qu’ils — les insects, les mauvaises herbes, les rochers — ont laissées sur ta peau, et tu dois accepter de les voir là, tu n’as pas le choix. Tu essaies de comprendre la douleur qu’ils t’ont faite subir… et tu n’y penses plus. Tu essaies de ne pas oublier, mais tu fais de ton mieux pour pardonner et accepter leur présence, comme de vieux amis qui t’auront appris la prudence et prodigué des conseils. Pardonne-toi.

Marcher à travers ton jardin est un moment de joie. Tu fais de la place pour tes nouvelles fleurs à côté des toutes premières. Tu les fais vivre ensemble et accordes leurs couleurs, comme le jazz flirte avec l’amour et la nature. Tu prends soin d’elles. Tu es fier(e) de ton charmant jardin, tu apprécies le vent dans tes cheveux et l’herbe sous tes orteils. Tu aimes même le petit clapotis de l’eau.

Mais ta vie Carpe diem te garde cacher dans ton jardin charmant mais secret. Tu ressens cette amertume sur ta langue, sur tes lèvres. Tu aimes la paix qu’il porte à ton coeur mais tu préférerais le partager avec quelqu’un. Tu peux choisir de laisser le monde visiter ton jardin, tu le sais..? Sous tes propres règles, à n’importe quel moment. Et si tu as vraiment très peur de cette nouvelle étape, si les gens forcent son entrée, ou s’ils essaient de saccager tes fleurs chéries — protège-le. Personne n’a le droit d’imposer sa propre vision d’un jardin, sans ton consentement et en te faisant du mal.

Mais sois prudent(e).

Ne transforme pas ton jardin en une forteresse. N’en ferme pas ses portes. Ne reste pas confiner dedans comme si personne ne pouvait te comprendre du fait de nombreuses différences entre toi et les autres. Partage tes remèdes, partage tes conseils, accepte de planter tes plus belles fleurs dans la serre de tes amis ou de tes connaissances. Laisse la pollinisation faire son travail. Accepte l’aide des tes amis quand ils proposent de planter leurs plus jolies fleurs dans ton jardin. Construis une amitié basée sur vos similarités florales mais aussi sur vos manques de variétés champêtres ou vos recherches de spéciales et rares espèces. Ensemble, vous irez plus loin.

Ensemble, votre terre sera plus riche.



C’est comme cela que je vois mon corps dans mon monde imaginaire. Je le vois beau et parfaitement à ma taille, respectant mes conceptions de beauté, de paix et d’honnêteté envers moi-même. Au fil des années, j’ai appris à laisser le monde marcher à travers mon jardin et planter ses propres fleurs. Je chérie complètement mes fleurs d’amour, d’acceptation, de tolérance et de compréhension. Elles grandissent tous les jours grâce à mes soins et aux conseils de ma famille, mes amis, et des personnes lambda que je rencontre.

Transformer mon corps en un jardin m’a obligée à être patiente et pleine de compassion. J’ai dû accepté la beauté en moi et la beauté dans l’autre. C’était le seul moyen de la refléter dans chacun de nous, comme la lune se mire dans un lac endormi.

Marion

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